Défaillances d'entreprises en France en 2026

Défaillances d’entreprises en France au 1er semestre 2026 : hausse de +5.5% par rapport au premier
semestre 2025

24/07/2026

  • 18 004 défaillances ont été enregistrées en France au deuxième trimestre 2026 (+5 % vs T2 2025) , confortant la hausse du T1 (+6 %).
  • Le risque de défaillances demeure haussier : entre croissance atone et tensions au Moyen-Orient, le nombre de défaillances pourrait dépasser 70 000 en 2026.
  • La hausse des défaillances touche aussi bien les TPE que les plus grandes entreprises, avec un impact économique historiquement élevé.
  • Les services B2B, le commerce automobile et la finance enregistrent les plus fortes progressions de défaillances au T2 2026, tandis que la construction confirme une légère accalmie.
  • Si les défaillances progressent encore dans la plupart des régions, plusieurs territoires ont enregistré un recul au T2 2026, signe d’une dispersion croissante des dynamiques régionales. L’Île-de-France reste la région la plus touchée.
Allianz Trade, leader mondial de l’assurance-crédit a publié sa dernière étude sur les défaillances d’entreprises en France pour le 2ème trimestre 2026.
Défaillances d’entreprise,  en nombre, par mois

Défaillances d’entreprise, en nombre, par mois
Source : Allianz Trade

2026 a débuté comme l’année 2025 s’est achevée : avec une nouvelle hausse. Les entrées en procédures collectives se sont affichées en nette progression au deuxième trimestre (+5 % par rapport au T2 2025), confortant la hausse du T1 (+6 %).

Ce momentum confirme l’infléchissement attendu après les pics d’accélération affichés en 2022 (+49 %), 2023 (+35 %) et 2024 (+17 %), mais surtout la persistance d’un très haut niveau de sinistralité. Le deuxième trimestre 2026 affiche à un plus haut historique pour un deuxième trimestre (18 004 cas contre 17 184 pour le précédent record au T2 2025). Idem pour le S1 2026 (37 298 cas).
« La perspective reste celle d’un chiffre durablement élevé au regard de la faiblesse conjoncturelle, avec une inflation élevée freinant la reprise de la consommation, des problèmes persistants dans la construction, et des taux d'intérêt élevés – mais aussi du fait de la forte création d’entreprises depuis le covid. Les faillites d'entreprises ne diminueraient que modérément en 2027, à mesure que les conditions économiques devraient s'améliorer. Le risque est toutefois bel et bien haussier du fait des incertitudes géopolitiques autour de la situation au Moyen Orient, qui ne fait qu’accroître les difficultés des nombreuses entreprises déjà mises à mal par la succession des crises, tirant notre prévision centrale au-dessus de la barre de 70 000 défaillances en 2026 » explique Maxime Lemerle, Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.
Après s’être diffusée à toutes les tailles d’entreprises, la hausse des défaillances se concentre sur les deux extrémités du spectre depuis 2025 : les plus petites, et les plus grandes.

A fin juin 2026 toutes les entreprises défaillantes pour lesquelles les données financières sont disponibles représentaient encore, au regard des données historiques, des niveaux très élevés de chiffre d’affaires cumulé (EUR 38,7 Mds, soit +17 % sur 1 an et +59 % par rapport à la moyenne 2006-2025) et de passif fournisseurs (EUR 8,6 Mds soit +28 % sur un an et +70 % par rapport à la moyenne 2006-2025).
Défaillances d’entreprise par taille de chiffre d’affaires

Défaillances d’entreprise par taille de chiffre d’affaires,
à fin juin 2026 / Source : Allianz Trade

Défaillances d’entreprise par secteurs

Défaillances d’entreprise par secteurs
Source : Allianz Trade

Sur les trois derniers mois, les services B2B et le commerce automobile enregistrent chacun +14 %, suivis de la finance/assurance/immobilier (+13 %) et de l'hébergement-restauration (+11 %). Pour la finance/immobilier, cette poussée marque une accélération brutale bien que le secteur n'affiche que +4 % sur douze mois glissants et +6 % sur le semestre.

À l'inverse, cinq secteurs évoluent sous la moyenne nationale, voire en territoire négatif : la construction (-2 %, 3 540 défaillances), le transport-entreposage (-3 %), le commerce de gros (-2 %), le commerce de détail (-1 %) et l'information-communication (-1 %). La construction, premier secteur sinistré avec 20 % des faillites nationales (14 204 sur douze mois), confirme ainsi l’accalmie amorcée en 2025 (-3 %) après la très forte poussée de 2024 (+25 %). En cumul semestriel, services aux entreprises (+11 %), commerce automobile (+11 %) et services aux particuliers (+10 %) restent les moteurs de la hausse.

A fin juin 2026, la hausse des défaillances reste quasi généralisée à toutes les régions au regard du cumul 12 mois, en particulier la Nouvelle Aquitaine (+11 %), l’Auvergne Rhone Alpes (+11 %) et les Pays de la Loire (+8 %), tandis que l’Ile-de -France (+2 %) reste la plus sinistrée, avec près d’une faillite sur quatre (23 %) devant Auvergne Rhone Alpes (12 %).

En glissement annuel, le deuxième trimestre 2026 a toutefois marqué un repli dans six régions en glissement annuel : Bourgogne Franche Comté, Bretagne, Centre Val de Loire, Corse, Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Evolution des défaillances par région sur les 12 derniers mois

Evolution des défaillances par région sur les 12 derniers mois 
                                            Données à fin juin 2026 / Source : Allianz Trade                                                     

La hausse des défaillances reste généralisée à tous les types de forme juridique, mais avec une poussée prolongée pour les entreprises en nom sur la période récente, lesquelles représentent à nouveau 13% des défaillances (+3pp par rapport à 2023-2024). La hausse des faillites de sociétés (SARL, SA, etc…) perd en intensité (+2 % sur 12 mois) mais cela reflète une quasi-stabilité à un (très) haut niveau puisqu’elles dépassent significativement (27 %) le niveau annuel moyen observé pendant la décennie pré-crise sanitaire (61 451 à fin juin 2026, contre 47 869 en moyenne sur 2010-2019).

« Avec plus de 18 000 défaillances enregistrées au deuxième trimestre, la France atteint un niveau inédit pour cette période de l’année. Si les situations sectorielles et régionales apparaissent aujourd’hui plus contrastées, les fragilités restent bien présentes au sein du tissu économique français. Dans un contexte de croissance faible et d’incertitudes géopolitiques persistantes, les entreprises ne peuvent se permettre de subir leurs risques commerciaux. Elles doivent au contraire les identifier, les anticiper et les piloter activement. C’est précisément dans ces moments d’incertitude que l’assurance-crédit démontre toute sa valeur, en apportant aux entreprises la visibilité et la protection nécessaires pour poursuivre leur activité en toute confiance. » rappelle Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France