Allianz Trade Global Survey 2026
Malgré le conflit au Moyen-Orient,
plus de 7 entreprises sur 10 s’attendent
à une croissance positive de leurs exportations en 2026.
08/04/2026
1 Allemagne, Brésil, Chine, Emirats arabes unis, Espagne, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Pologne, Royaume-Uni, Singapour et Vietnam
Les entreprises restent confiantes quant à leur croissance à l’export, mais s’attendent à une hausse du risque d’impayés
« Le Global Survey d’Allianz Trade révèle que 75 % des exportateurs s’attendent à une croissance positive de leurs exportations en 2026. L’impact du conflit au Moyen-Orient semble modéré, d’autant plus si on le compare au choc tarifaire de 2025, qui avait fait chuter les prévisions de 40 points de pourcentage. Cet optimisme reste toutefois fragile et pourrait rapidement s’estomper si le conflit s’éternise. En effet, les entreprises vietnamiennes, américaines et espagnoles ont toutes perdu plus de 10 points de pourcentage de confiance en raison du conflit, tandis que les entreprises chinoises en ont perdu 9. Le conflit a propulsé le risque géopolitique et politique au rang de principale menace mondiale pour 65 % des entreprises, dépassant la complexité et la concentration des chaînes d’approvisionnement (45 %), qui constituaient la principale préoccupation en 2025 dans le contexte de la guerre commerciale. Les problèmes liés à l'approvisionnement, tels que la défaillances des fournisseurs et la pénurie de matières premières, sont passés en deuxième position (57 %). Cependant, moins d'un quart des entreprises s'inquiète des répercussions du conflit sur l'énergie et le transport maritime : soit les entreprises ont confiance en leurs mécanismes d'adaptation, soit elles s'attendent à ce que le conflit soit de courte durée », explique Aylin Somersan Coqui, CEO d'Allianz Trade.
Malgré cette confiance tenace, le conflit au Moyen-Orient durcit les conditions du financement du commerce. Les délais de paiement s’allongent, et la part des entreprises payées dans les 30 jours est passée de 10 % à 7 % depuis le début du conflit, tandis que celle des entreprises payées à plus de 70 jours est passée de 15 % à 24 %. À l’avenir, 43 % des entreprises s’attendent à une nouvelle détérioration des conditions de paiement (+5 points de pourcentage par rapport à la période d’avant le conflit). Le risque de non-paiement s’est également aggravé : la part des entreprises anticipant un risque accru a atteint 40 % (+6 points de pourcentage par rapport à la période d’avant le conflit). Les secteurs pharmaceutique, de la construction et de l’informatique/télécommunications sont les plus exposés, tandis que les grandes entreprises sont confrontées à des cycles de paiement disproportionnellement plus longs.
Entre optimisme et ajustements stratégiques : les entreprises françaises s’adaptent face aux tensions géopolitiques
Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques croissantes, près de 8 entreprises françaises sur 10 anticipent une augmentation de leur chiffre d'affaires à l'export en 2026, ce qui est supérieur à la moyenne globale des entreprises. Les prévisions de croissance varient : 39 % des entreprises s'attendent à une hausse modérée de +2 à +5 %, tandis que 32,5 % envisagent une progression plus marquée entre +5 et +10 %. Ce contexte incertain a également poussé les entreprises à revoir leurs priorités en 2026 : 29 % visent à renforcer leur présence sur les marchés existants (+8 points après le début de la guerre en Iran), 22 % souhaitent se développer dans de nouveaux marchés tandis que 21 % envisagent de construire de nouvelles installations à l'étranger. En revanche, le développement de nouveaux produits (15 %) semble moins prioritaire, avec une baisse de 6 points par rapport à la première vague de sondage avant le début du conflit en Iran.
Les entreprises françaises interrogées ont pour projet d’adapter leurs stratégies pour faire face aux risques croissants pour développer leurs activités internationales. Plus de 56 % indiquent privilégier désormais les régions politiquement stables, et 53 % misent sur des partenariats locaux pour surmonter les défis géopolitiques. Par ailleurs, plus de 69% des entreprises françaises indiquent que leur présence en Chine restera stable en 2026, et 23 % qu’elle augmentera, confirmant l'importance stratégique croissante de ce pays dans les stratégies d’exportations internationales.
« Les entreprises exportatrices françaises font face à des défis sans précédent dans leurs chaînes d'approvisionnement, et 67 % des entreprises interrogées identifient les risques politiques et géopolitiques comme la principale menace, une augmentation de +37 points par rapport à 2025. Suivent ensuite les problèmes d'approvisionnement (58 % vs 33 % en 2025) et des difficultés de transport (44 %). Malgré ces obstacles, les entreprises françaises réagissent avec agilité : en réaction à la guerre commerciale, 63 % se sont tournées vers de nouveaux marchés, 58 % ont diversifié leurs fournisseurs, et 58 % ont réacheminé leurs produits via des marchés tiers. Ces chiffres montrent une volonté claire de sécuriser leurs opérations et de maintenir leur compétitivité dans un environnement mondial de plus en plus complexe », affirme Ano Kuhanathan, Responsable de la recherche sectorielle chez Allianz Trade.
Face aux perturbations de la chaîne d'approvisionnement, les entreprises misent sur la constitution de stocks et la diversification
Depuis le début de la guerre commerciale en 2025, les entreprises ont mis en œuvre des stratégies d'atténuation pour s'adapter à ce nouvel environnement. Celles dont les chaînes d'approvisionnement sont longues2 se sont montrées les plus réactives, et nettement plus enclines que l’échantillon global, pour s'approvisionner auprès de nouveaux fournisseurs ou à modifier leurs itinéraires d'approvisionnement. Les mécanismes d'adaptation les plus courants ont été la constitution de stocks et la diversification vers de nouveaux marchés (64 % chacun), ainsi que le recours à de nouveaux fournisseurs (63 %), ce qui témoigne d'un effort généralisé visant à réduire les risques liés à l'exposition tant du côté de la demande que de l'offre. Vient ensuite le réacheminement via des marchés tiers (57 %), confirmant que les entreprises adaptent également leur logistique pour contourner les tensions commerciales.
« Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, 50 % des entreprises recherchent des itinéraires ou des transporteurs alternatifs, avec plus de 60 % pour les entreprises basées au Vietnam. La deuxième stratégie la plus populaire (50 %) consiste à travailler avec des courtiers en douane pour accélérer le dédouanement, particulièrement au Vietnam (64%) et en Inde (56%). La troisième stratégie consiste à ajuster les délais de livraison pour 48 % des entreprises, principalement en France, au Brésil, en inde, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. En revanche, les modifications des Incoterms (36 %) restent plus limitées, ce qui suggère que les ajustements contractuels sont en retard par rapport aux ajustements opérationnels », déclare Ano Kuhanathan.
De plus, la crise au Moyen-Orient n’a pas compromis les perspectives des entreprises en matière de relocalisation mondiale : 72 % des exportateurs s’attendent à maintenir au moins le même rythme. Néanmoins, les principales contraintes à la relocalisation restent concentrées sur des problèmes liés aux fournisseurs, tels que l’absence de fournisseurs locaux de qualité, ou la difficulté à y accéder, (environ 83 %), suivis par les coûts de production (67 %) et l’absence d’incitations fiscales ou de subventions (61 %). La complexité croissante des chaînes d'approvisionnement oblige les entreprises à placer la résilience au cœur de leurs stratégies d'investissement, en donnant la priorité à la consolidation des marchés, à de nouvelles routes commerciales et à la construction d'installations à l'étranger.
2 c'est-à-dire plus de 50 % de la production à l'étranger
L'Europe et l'Asie s'imposent comme les deux principales régions pour la croissance future
La guerre commerciale a réduit l'attrait des États-Unis pour les exportateurs : seuls 13 % d'entre eux les considèrent comme un marché en croissance. Dans un contexte de reconfiguration des chaînes d'approvisionnement et de récents accords de libre-échange, l'Europe et l'Asie sont privilégiées pour la croissance future, les entreprises recherchant de plus en plus la stabilité et l'ouverture des marchés. L'intérêt pour l'Europe en tant que destination d'exportation s'est accru de manière générale, les exportateurs singapouriens (+10 points de pourcentage par rapport à 2025) et américains (+9 points de pourcentage par rapport à 2025) affichant la plus forte augmentation. L'Asie reste globalement la destination offshore préférée, bien que l'attrait de la Chine pour les investissements se soit effondré, avec seulement 23 % (-30 points de pourcentage par rapport à 2025) des entreprises prévoyant d'accroître leur présence, même si seulement 10 % envisagent activement de se retirer.
« Les opportunités de croissance sont renforcées par une vague de nouveaux accords commerciaux : 93 % des entreprises prévoient de se développer dans le cadre d’accords de libre-échange récemment signés, tels que ceux entre l’Inde et l’UE et entre le MERCOSUR et l’UE, avec l’Inde, le Brésil, le Vietnam et la France émergeant comme des marchés prioritaires. Pourtant, le plein potentiel de ces accords reste limité : les barrières non tarifaires, en particulier les exigences en matière de licences et de certification, continuent d’être le principal obstacle empêchant les entreprises de convertir l’accès aux accords commerciaux en une croissance réelle des exportations », conclut Ana Boata, Directrice de la recherche économique chez Allianz Trade.
Consultez notre étude complète pour découvrir ce que pensent les entreprises sur ces sujets :
- Droits de douane américains : 80 % des entreprises ont réorganisé leurs circuits commerciaux et leurs chaînes d’approvisionnement depuis le «Liberation day » et 43 % d’entre elles s’attendent toujours à un impact négatif net en 2026.
- Priorités d’investissement face à une approche de réduction des coûts : La flambée des prix des intrants, induite par la situation au Moyen-Orient, est toujours considérée comme transitoire plutôt que structurelle.
- Gestion des devises et financement : les prévisions et la gestion des risques, la couverture financière et l’alignement des paiements et des encaissements restent les trois principales stratégies pour maintenir la résilience face au choc du Moyen-Orient.
- Sustainability : L'engagement en faveur des actions de durabilité a reculé de 21 points de pourcentage dans l'ensemble, mais est resté plus résilient en Europe.
- Adoption de l'IA : Les économies émergentes montrent la voie, mais le retour sur investissement reste le principal obstacle et le conflit pèse déjà sur l'optimisme.
Notre expertise et notre engagement
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Notre activité repose sur le soutien des relations entre les personnes et les organisations, des relations qui s'étendent au-delà des frontières de toutes sortes: géographiques, financières, industrielles, etc.
Notre activité repose sur la collaboration entre des personnes et des organisations, une collaboration qui s'étend au-delà de toutes sortes de frontières: géographique, financière, industrielle, etc. Nous sommes conscients que notre travail a un impact sur nos clients et que nous avons le devoir d'aider et de soutenir les autres entreprises. Chez Allianz Trade, nous sommes fermement engagés en faveur de l'équité pour tous, sans discrimination, parmi nos collaborateurs et dans nos nombreuses relations avec ceux extérieurs à notre entreprise.