Défaillances d'entreprises 2026-2028

Défaillances d’entreprises
à l’échelle mondiale 

27/10/2026

Les défaillances d’entreprises en Europe de l’Ouest devraient augmenter de + 4 % en 2026, et rester à un haut niveau en 2027 et 2028. En France, le record devrait être battu en 2026, avant une nouvelle hausse en 2027.

  • Pour les entreprises, la pression provient de plusieurs fronts : une croissance du PIB insuffisante, des taux d’intérêt et des coûts de l’énergie qui restent élevés, ainsi qu’un nombre croissant d’entreprises en activité.
  • À l’échelle mondiale, 2,7 millions d’emplois sont directement menacés en 2026 et 2027, soit une augmentation de 180 000 par rapport à 2025.
  • L’adoption de l’IA peut accélérer les défaillances dans les économies de plus petite taille et celles moins diversifiés en raison de l’écart de compétitivité entre les précurseurs et les retardataires.

Allianz Trade publie sa dernière étude sur les défaillances d’entreprises, avec des prévisions actualisées pour 2026 et 2027 ainsi que des perspectives pour 2028. Selon le leader mondial de l’assurance-crédit, les défaillances d’entreprises dans le monde devraient augmenter de +5 % en 2026 et de +1 % en 2027 (après +6 % en 2025), marquant ainsi une cinquième année consécutive de hausse. Dans un contexte géopolitique et macroéconomique toujours incertain, le pic des défaillances est désormais attendu en 2028 (-1 %), soit un an plus tard qu’anticipé précédemment, avec un léger repli à partir de niveaux toujours très élevés.

En Europe de l’Ouest, les défaillances d’entreprises devraient rester durablement supérieures à leurs niveaux d’avant la pandémie. Malgré quelques signes d’amélioration dans certains pays, la région continue de faire face à une croissance économique limitée, à des taux d’intérêt élevés, à des coûts de l’énergie persistants et à des difficultés structurelles dans certains secteurs, notamment la construction et les activités liées à la consommation des ménages. Dans ce contexte, les défaillances devraient progresser de +4 % en 2026 dans la région. La France, principal contributeur européen en volume, devrait atteindre un niveau record d’environ 71 000 défaillances (+3 %), lié principalement à la faiblesse de l’environnement économique qui continue de peser sur les entreprises les plus fragiles, mais aussi au dynamisme des créations d’entreprises des dernières années.

« L’Europe de l’Ouest est entrée dans une phase de stabilisation à un niveau historiquement élevé de défaillances. En France, la combinaison d’une croissance modérée, de conditions de financement toujours contraignantes et d’une consommation sous pression continue d’affecter particulièrement les secteurs tournés vers les ménages. Après un record attendu en 2026, nous anticipons une nouvelle légère hausse en 2027, signe que le retour à la normale sera plus lent qu’escompté » explique Maxime Lemerle, Responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.

Plusieurs facteurs structurels expliquent cette situation. Dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, la croissance mondiale devrait rester inférieure à celle observée lors de la période 2023-2025 , tandis que les coûts de l’énergie demeurent élevés et que les soutiens budgétaires des gouvernements restent limités. Parallèlement, les conditions monétaires se resserrent : les taux d’intérêt devraient rester élevés plus longtemps, accentuant la pression sur les entreprises les plus fragiles. Dans le même temps, le nombre d’entreprises en activité a progressé d’environ 10 % entre 2021 et 2025. Cette hausse élargit mécaniquement le nombre d’entreprises exposées au risque de défaillance, d’autant que de nombreuses sociétés récemment créées présentent une situation financière plus vulnérable : en Europe, moins d’une entreprise sur deux dépasse le cap des cinq années d’existence.

« Avec la multiplication des chocs depuis le début de l’année, des taux d’intérêt bien plus élevés que prévu accentuent la pression sur des entreprises déjà fragiles. Cette situation devrait perdurer : 60 % des pays afficheront encore en 2027 des taux directeurs supérieurs à ceux observés au cours des 12 à 24 mois précédents, ce qui fera grimper les coûts de financement et réduira les marges. En Europe occidentale, une hausse de 100 points de base des taux de crédit bancaire représenterait entre 6 et 10 milliards d’euros de charges d’intérêts supplémentaires, avec un impact particulièrement marqué dans les secteurs des énergies renouvelables, des télécommunications et de l’énergie. Par ailleurs, le maintien de coûts énergétiques élevés continuera d’éroder la rentabilité, notamment dans les industries européennes fortement consommatrices d’énergie », explique Aylin Somersan Coqui, CEO d’Allianz Trade.

Selon Allianz Trade, près de 2,7 millions d’emplois seront directement exposés au risque de défaillance d’entreprise en 2026 et 2027. Cela représente 180 000 emplois de plus qu’en 2025 et 700 000 de plus qu’en 2023, première année de la reprise post-Covid des défaillances à l’échelle mondiale.

« Dans l’ensemble, les secteurs de la construction, du commerce de détail et des services sont les plus exposés. L’Europe concentre près de 60 % des emplois menacés, soit environ 1,6 million de postes, avec la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni en première ligne. L’Amérique du Nord suit avec 24 % des emplois concernés, soit environ 650 000 postes. Pour ces deux régions, il s’agirait du niveau le plus élevé observé depuis treize ans. En Asie, l’impact est réel mais plus modéré, la région représentant 11 % des emplois à risque, soit environ 305 000 postes », ajoute Maxime Lemerle.

Allianz Trade a mené une analyse couvrant huit économies européennes et neuf secteurs d’activité afin d’identifier les principaux facteurs à l’origine des défaillances d’entreprises. Les résultats montrent que les conditions macroéconomiques et les fondamentaux propres à chaque secteur demeurent les principaux déterminants des défaillances, sans corrélation directe à ce stade avec l’adoption de l’intelligence artificielle. Une exception apparaît toutefois dans les économies de plus petite taille et celles moins diversifiées.

« Nos travaux suggèrent que l’adoption de l’IA peut accélérer les défaillances d’entreprises dans les économies de plus petite taille et moins diversifiées, en raison de l’écart de compétitivité entre les précurseurs et les retardataires.. En Belgique et en Suède, qui affichent le taux d’adoption de l’IA le plus élevé de notre échantillon (35 %), les secteurs les plus digitalisés sont également ceux qui enregistrent le plus grand nombre de défaillances. Le même constat s’observe à l’échelle sectorielle : l’information et de la communication, secteur le plus intensif en IA de notre analyse avec un taux d’adoption de 70 %, affiche des niveaux de défaillance supérieurs à la moyenne nationale dans cinq des huit pays étudiés », conclut Maxime Lemerle.