Les facteurs de risque à prendre en compte pour élargir votre présence mondiale

28/06/2022

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Les événements rares qualifiés de cygnes noirs selon la théorie du même nom ont trois caractéristiques bien définies. Ils sont exceptionnels et hautement improbables, ils ont des effets ressentis profondément et à grande échelle, et, rétrospectivement, leur apparition peut facilement s’expliquer et aurait même pu être prévue. Ce que la théorie ne prévoit pas en revanche, c’est l’apparition soudaine de plusieurs cygnes noirs sans lien les uns avec les autres.

Avec la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, les événements exceptionnels et successifs se font ressentir partout dans le monde. Lesdits événements ont contraint les économistes à revoir leurs perspectives et ont éliminé tout espoir d’un retour à la normale du commerce international à court terme. Partout, les conséquences sont manifestes : l’inflation et les cours de l’énergie sont en hausse, les matières premières font défaut tandis que leur cours explose et que les chaînes d’approvisionnement sont affaiblies.

Ainsi, les entreprises se retrouvent exposées à des niveaux de risque économique inédits sur l’ensemble de leurs réseaux commerciaux. Pour faire face à la tempête, une bonne compréhension de l’envergure et du périmètre des risques politiques et économiques est nécessaire, afin d’évaluer la manière dont les mutations rapides du paysage affecteront les opportunités d’exportation de votre entreprise.

Toutefois, la situation requiert également de passer à l’action, c’est-à-dire de fournir des réponses agiles aux fluctuations de l’environnement qui pourraient impliquer, par exemple, de trouver des solutions alternatives pour faire face aux interruptions sur les couloirs empruntés par la chaîne d’approvisionnement. Alternativement, cela pourrait également impliquer de réduire l’exposition aux fournisseurs qui montrent des signes de faiblesse quant aux règlements des factures ou susceptibles de faire faillite. Quelle que soit l’action, l’objectif est clair : préserver les échanges, et ce, en dépit de l’incertitude, de sorte que votre entreprise traverse les turbulences actuelles et en ressorte indemne, voire avec un profil d’exportateur renforcé.

Nature et envergure du risque économique et politique actuel

Les ondes de choc macroéconomiques et géopolitiques qui affectent le commerce international se feront largement ressentir en 2022 et au-delà. Certaines régions et certains secteurs seront profondément affectés tandis que d’autres le seront moins. À tout le moins, votre entreprise doit s’assurer qu’elle peut accéder à des éclairages fiables qui vous aideront, vous et vos collègues, à comprendre l’envergure et le périmètre du risque économique et politique susceptible d’affecter votre organisation.

Ces événements ont entraîné une forte réduction de nombreuses prévisions économiques. Alors qu’il y a quelques mois, nos économistes avaient de bonnes raisons de croire à une reprise économique générale en raison de la dissipation progressive des effets du Covid-19, ils ont désormais revu leurs prévisions à la baisse à l’égard de la croissance mondiale (+3,3 % en 2002 contre +5,9 % en 2021). Ils prévoient en outre davantage de ralentissements en 2023 (+2,8 %). Cette image s’accompagnera d’une réduction des volumes d’échanges, à mesure que le ralentissement de la croissance mondiale affectera la confiance des entreprises et la demande. Pour l’année 2022, notre équipe prévoit une croissance des échanges commerciaux internationaux en volume de +4 % (une prévision inférieure de 2 points de pourcentage à celle émise avant la guerre), laquelle est légèrement inférieure à sa moyenne à long terme.

Quoi qu’il en soit, ce sont les différentes dimensions qui sous-tendent ces chiffres qui informeront nombre de décisions commerciales cruciales.

Le spectre de l’inflation

L’inflation incontrôlée devrait générer l’un des plus importants impacts. Alors que de nombreuses économies constataient déjà une hausse marquée des cours à l’échelle mondiale au début de l’année 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a renforcé cette tendance. Les cours de l’énergie qui avaient déjà bondi de +70 % par rapport à la moyenne de l’année 2021, la combinaison des perturbations sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts des transports en hausse, et l’accès interrompu à certaines matières premières essentielles devraient continuer de stimuler l’augmentation des prix, dans la mesure où ceux-ci sont intégrés dans les coûts des biens et services.

À l’échelle mondiale, les entreprises devraient compter sur une inflation à 6 % en 2022, mais dans certaines grandes économies, elle devrait grimper beaucoup plus haut. Par exemple, le Royaume-Uni s’attend à une hausse de l’inflation à 8,7 % d’ici le 4e trimestre, un niveau historique depuis 40 ans qui contraste fortement avec l’objectif de la Banque d’Angleterre qui se situe à +2 %. En effet, plusieurs économies (dont l’Allemagne, première économie européenne) adoptent des stratégies élaborées pour contrer la perspective de plus en plus plausible d’une période de stagflation prolongée (faible croissance et forte inflation).

Préoccupations croissantes des directeurs commerciaux

Avant même que le niveau de risque macro soit relevé, les entreprises actives à l’international considéraient déjà l’inflation comme une problématique majeure qui les empêchait d’avoir pleinement confiance. D’après notre récent sondage  Allianz Trade Global Survey, mené auprès d’approximativement 3 000 entreprises répondantes réparties entre les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l’Allemagne, la France et l’Italie, nombre d’entre elles subissaient déjà des pressions inflationnistes. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Italie, environ 40 % des répondants ont indiqué que le coût élevé de l’énergie affectait l’efficacité de leurs échanges internationaux.

Ces préoccupations relatives à l’inflation ont été renforcées par l’augmentation des coûts de transport, dans la mesure où deux tiers des sondés ont exclu toute perspective d’amélioration de l’inflation jusqu’à 2023, au plus tôt. Deux tiers des répondants s’attendaient à ce que les pénuries ou l’augmentation des coûts des matières premières nécessaires à la production de leurs biens et services aient des effets modérés, voire significatifs, sur leurs capacités d’exportation au cours de l’année 2022.

Ces niveaux de préoccupation ont néanmoins été substantiellement rehaussés à la suite de l’invasion russe en Ukraine. Les données de notre enquête de mars 2022 montrent que près de 80 % des entreprises en France, en Italie, au Royaume-Uni et en Allemagne s’attendent à des pénuries, et à ce que le coût élevé des intrants devienne un défi plus complexe, ou qu’ils se maintiennent aux niveaux élevés actuels cette année.

Les effets de la guerre en Ukraine sur le commerce international

Notre équipe d’experts en recherches économiques établit des observations contrastées à l’égard des effets directs et indirects de la guerre sur les échanges et sur la potentielle vague de défauts de paiement et de faillites qu’elle pourrait entraîner. À l’échelle mondiale, l’exposition commerciale aux économies russes et ukrainiennes est relativement limitée. En effet, leurs échanges de biens et services représentent respectivement seulement 2,1 % et 0,4 % du volume d’échange mondial, ce qui devrait restreindre les conséquences directes de la guerre à certains pays limitrophes, dont la Biélorussie, la Moldavie, la Pologne et la Turquie.

Quoi qu’il en soit, ses retombées indirectes sur le commerce international devraient être massives, mondiales et immédiates. Nos experts estiment que l’économie mondiale dans son ensemble devrait souffrir d’effets de report engendrés par l’augmentation soudaine des cours de l’énergie et des matières premières. La Russie fournit près de 10 % du pétrole mondial, et en combinaison avec l’Ukraine, près de 25 % des exportations de blé. L’Europe est susceptible de subir d’autres perturbations sur les chaînes d’approvisionnement, dans la mesure où la Russie est un acteur majeur pour de nombreux métaux industriels.

En ce qui concerne les sources de denrées alimentaires (le blé notamment), la situation en Russie et en Ukraine devrait mener à des pénuries et à une hausse des cours. Selon les chiffres du Centre de GéoÉconomie du think tank Atlantic Council, la Russie et l’Ukraine représentent près d’un tiers des exportations de blé du monde, et de nombreux pays en dépendent : l’Égypte, par exemple, importe 80 % de son blé de Russie ou d’Ukraine.

Les secteurs en proie au risque économique

En Europe occidentale, les secteurs de l’énergie, des métaux et de la chimie sont les plus à risque, et dans la mesure où l’approvisionnement est affecté par la situation, l’envolée des cours devrait avoir des effets délétères sur de nombreuses entreprises. Outre le pétrole, le gaz et le blé, la Russie joue également un rôle prépondérant dans le secteur des matières premières essentielles à d’autres secteurs comme celui de l’électronique et de l’automobile, puisque le palladium, le néon, le xénon et le krypton sont des gaz importants pour la fabrication de semi-conducteurs.

La chaîne d’approvisionnement de ces produits était déjà soumise à tension avant la guerre. Aussi la crise actuelle est-elle susceptible d’augmenter les pressions et d’accroître les pénuries. Déjà affaibli par la pénurie de semi-conducteurs, le secteur automobile devrait souffrir encore davantage, la Russie étant une source clé de métaux comme l’aluminium, le nickel et le lithium, nécessaires dans le cadre du processus de fabrication automobile, notamment pour les batteries de véhicules électriques.

Dans tous ces secteurs, les pénuries et le caractère élevé des cours signifient que la rentabilité va être fortement mise à mal. D’après nos experts, si les cours du pétrole, de l’énergie et des matières premières non énergétiques se maintiennent aux niveaux actuels, les secteurs des métaux et de l’électricité sont les plus susceptibles de voir leur rentabilité souffrir. Dans ces secteurs, les taux de marges d’EBITDA pourraient chuter de 20 points ou plus s’ils ne parviennent pas à augmenter leur chiffre d’affaires. En outre, nombreux sont les secteurs qui devraient subir des pressions sur les bénéfices.

Bouleversement de la chaîne d’approvisionnement occasionné par le risque politique

Les événements macroéconomiques actuels ont mis en évidence la nature fragile de nombreuses chaînes d’approvisionnement.

Déjà sous tension par rapport aux valeurs normales pré-Covid-19, les chaînes d’approvisionnement semblaient se stabiliser avant la déclaration du conflit. Notre récente enquête Allianz Trade Global Survey a identifié un message clair : deux ans après, l’étau dans lequel la pandémie avait étreint le commerce mondial se desserrait. Alors que 40 % des plus grands chefs d’entreprise interrogés déclaraient que l’incertitude relative à la crise sanitaire avait eu une incidence sur le succès du potentiel des exportations de leur organisation au cours des 6 à 12 derniers mois, près de trois quarts d’entre eux (72 %) pensaient que l’influence de la pandémie allait représenter un défi moindre, ou qu’elle se maintiendrait à un niveau égal.

Depuis, cet optimisme aura certainement souffert de l’invasion en Ukraine, ainsi que de l’observation des effets du variant omicron du Covid-19 sur les hubs de fabrication et d’exportation en Chine. L’application de la politique zéro-Covid chinoise à la mi-mars a provoqué des fermetures obligatoires de plusieurs semaines des ports de Shenzhen et de Hong Kong. Bien que certaines des règles du pays aient désormais été assouplies dans un effort de réduction des dommages sur l’économie, la perspective des chaînes d’approvisionnement, de la congestion portuaire, et des coûts élevés des intrants constitue collectivement des préoccupations majeures, étant donné que la Chine représente presque 30 % des biens manufacturés à travers le monde, dont 18 % sont destinés aux États-Unis.

Nos experts en recherches économiques prévoient que le renouvellement des fermetures portuaires temporaires en Chine pourrait avoir des effets sur le fonctionnement de la logistique mondiale et des chaînes d’approvisionnement. Des indices suggèrent que les délais de livraison sont susceptibles de se maintenir au-dessus de la moyenne pré-pandémie pour la majeure partie de l’année 2022, voire de se prolonger au début de l’année 2023. Globalement, les chocs dont ont souffert les chaînes d’approvisionnement et la confiance des exportateurs justifient deux tiers de la révision à la baisse opérée par nos économistes des prévisions de croissance du PIB mondial, le dernier tiers étant à attribuer aux cours élevés des matières premières.

Préserver votre entreprise face aux faillites

Tout cela tend à démontrer la nécessité d’une évaluation des risques rigoureuse. Dans une atmosphère aussi évolutive, tenir compte des manières de compenser le niveau de risque auquel votre organisation est confrontée est plus important que jamais. L’assurance-crédit, par exemple, peut contribuer à éviter des problèmes liés au risque de crédit et aux perturbations des flux de trésorerie qui en résultent.

En effet, l’ assurance-crédit fournit un éclairage précis sur les clients susceptibles de représenter un risque pour vos opérations pour cause de non-paiement ou de défaillance, agissant ainsi comme un filet de sécurité permettant de vous assurer d’être payé en cas de créance douteuse.

Les assureurs-crédit comme Allianz Trade surveillent également avec attention l’environnement commercial mondial au sens large et définissent des niveaux de risque selon les entreprises, secteurs, et selon les principaux pays et principales transaction dans lesquelles vous vous engagez. Dans les faits, cela vous permet de faire des affaires en toute confiance.