Le gouvernement a présenté son projet de budget pour 2027 avec l’objectif de ramener le déficit public à 5,0 % du PIB, après 5,4 %, en s’appuyant sur un effort basé sur une maitrise des dépenses primaires pour 70 % et une hausse des recettes pour 30 %. Cependant, la capacité de la France à engager une réduction crédible et durable de son déficit reste limitée dans un contexte caractérisé par un Parlement fragmenté et la faible volonté des partis de mener des politiques ambitieuses de redressement des finances publiques. Les hypothèses de croissance du gouvernement, proches de celles d’Allianz Trade, prévoient +0,5 % en 2026 et +1,0 % en 2027. L’atteinte de l’objectif de déficit dépendra donc largement de la capacité à traduire les mesures annoncées en ajustement budgétaire effectif.
L’incertitude politique pourrait en effet limiter sensiblement l’ampleur de l’ajustement. Dans un contexte politique incertain et à l’approche des prochaines échéances électorales, certaines mesures d’économies, notamment sur les retraites ou les collectivités locales, pourraient être revues ou abandonnées au cours des discussions. Allianz Trade privilégie ainsi le scénario d’un budget moins ambitieux que le projet initial, qui ne permettrait qu’une réduction marginale du déficit, de 5,3 % du PIB en 2026 à 5,2 % en 2027.
Cette incertitude intervient alors que la France fait face à des tensions accrues sur les marchés obligataires. La hausse des taux souverains s’inscrit dans un mouvement global, alimenté notamment par les tensions énergétiques au Moyen-Orient et le niveau élevé des taux américains. En France, ces pressions sont accentuées par une prime de risque supplémentaire, reflet des incertitudes budgétaires et politiques. La BCE pourrait contribuer à contenir des tensions excessives sur les marchés, d’abord par sa communication et, si nécessaire, par ses instruments d’intervention, comme arrêter temporairement son programme de Quantitative Tightening qui pour la France représente 4,8 milliards d’euros par mois de rachat d’obligation, soit en moyenne environ 20% des émissions nouvelles par mois. Mais son action ne pourrait se substituer à une trajectoire crédible de réduction du déficit français.
« La France dispose aujourd’hui de marges de manœuvre très limitées. Dans un environnement de taux durablement élevés, une réduction même modeste du déficit en 2027 enverrait un premier signal aux investisseurs, mais elle ne suffirait pas à dissiper les inquiétudes. La priorité est désormais de restaurer la crédibilité budgétaire du pays, ce qui suppose de démontrer sa capacité à inscrire durablement les finances publiques sur une trajectoire de redressement » indique Maxime Darmet, Économiste senior chez Allianz Trade.